Portrait de Lionel Garnerone

Portrait de Lionel Garnerone

Lionel n’est pas né dans un chou mais presque. Il sera agriculteur.

Le dernier paysan de Marseille

Lionel n’est pas né dans un chou mais presque. Il sera agriculteur. Il le sait dès son plus jeune âge, au risque de s’attirer des moqueries à l’école. « Je voulais « faire » paysan, cela a toujours été une évidence ». Si le grand-père cultivait des terres à Château Gombert, c’est l’année de naissance de Lionel, en 1980 que son père Lucien achète 4 hectares de terre sur les hauteurs de Ste Marthe à Marseille. Les terrains seront dédiés au mesclun, qui se cultive toute l’année. Lionel arrête les cours à 16 ans pour travailler sur l’exploitation familiale. A 19 ans il reprend le chemin de l’école et se forme au lycée agricole de Valabre à Gardanne. La vingtaine arrive et Lionel fait une « petite crise » et cherche d’autres voies, « d’autres métiers moins fatigants ». Il travaille quelques temps à l’Aéroport Marseille Provence puis à La Poste, mais l’appel de la terre est plus fort et il retourne à sa vocation de « paysan » auprès de son père et de l’une de ses sœurs. Là, la vie n’est pas un long fleuve tranquille, le métier est exigeant, le travail en famille parfois compliqué et une forte pression foncière menace la propriété. En effet au fil des années les immeubles ont poussé autour de l’exploitation. « Nous sommes aujourd’hui les seuls agriculteurs à avoir une telle superficie sur Marseille intra-muros ». En 2013, à la retraite de leur père, Delphine sa sœur et Lionel reprennent les rênes de l’exploitation et nomment tout naturellement leur entreprise « le dernier paysan de Marseille ».

« Maintenir une agriculture en zone urbaine est un vrai combat », combat gagné en 20xx quand les terrains sont enfin classés zone agricole. Lionel & Delphine peuvent envisager l’avenir plus sereinement. En 2018, « le dernier paysan de Marseille » rachète 2 ha de terrain non exploité depuis près de 60 ans. Cette spécificité leur permet d’envisager des cultures complémentaires en bio cette fois. Leur mesclun est vendu à 99% au MIN des Arnavaux. On le retrouve aussi sur de belles tables comme Le Poulpe de Michel Portos.

Transmettre sa passion à ses 2 garçons, c’est peut-être encore un peu tôt, mais le mercredi, il n’est pas rare d’apercevoir Lionel et son « grand » juché sur le tracteur de l’exploitation. Les garçons et leur cousin profitent déjà du plus grand jardin de Marseille !